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VPB 65.69

(Avis de droit de la Direction du droit international public du 21 juin 1999)


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Fragestellung
Ausführungen

Ausländerrecht. Passwesen. Eigentum des ausstellenden Staates.

-  Zahlreiche Staaten betrachten einen Pass als Eigentum der staatlichen Behörde, die ihn ausgestellt hat.

-  Im Völkergewohnheitsrecht ist allgemein anerkannt, dass ein Staat nicht befugt ist, über den Pass eines ausländischen Staatsangehörigen zu verfügen.


Droit des étrangers. Passeports. Propriété de l'Etat qui les délivre.

-  De nombreux Etats considèrent que le passeport est la propriété de l'autorité publique qui l'a délivré.

-  Sous l'angle du droit international coutumier, un Etat n'est pas habilité à disposer du passeport d'un ressortissant étranger.


Diritto degli stranieri. Passaporti. Proprietà dello Stato che lo ha rilasciato.

-  Diversi Stati ritengono che il passaporto sia proprietà dell'autorità pubblica che lo ha rilasciato.

-  Secondo il diritto internazionale consuetudinario è comunemente ammesso che uno Stato non è autorizzato a disporre del passaporto di un cittadino straniero.




Dans cet avis de droit, la Direction du droit international public (DDIP) se penche sur la question de savoir si un passeport doit être considéré comme appartenant à l'Etat qui l'a délivré.

De nombreux Etats considèrent que le passeport émis est la propriété de l'autorité publique qui l'a délivré. Ils en déduisent qu'une autorité étrangère ne peut pas, en principe, confisquer ou retenir le passeport d'un ressortissant d'un Etat tiers sans en notifier les autorités de cet Etat[259]. Une saisie provisoire aux fins de poursuites pénales apparaît cependant admissible dans certains cas[260].

Outre les Etats anglo-saxons, l'Allemagne connaît ce principe à l'art. 1 § 1 al. 3 de la loi sur les passeports «Passgesetz» (PassG du 19 avril 1986, Bundesgesetzblatt [BGBl] 1986 I 537). La motivation réside dans le fait que «Der Eigentumsvorbehalt zugunsten der Bundesrepublik Deutschland soll Missbräuchen, insbesondere der Verpfändung, Hinterlegung zur Sicherung von Forderungen, u. dgl. Vorbeugen. Im übrigen folgt daraus nach allgemein anerkannten völkerrechtlichen Grundsätzen[261], dass andere Staaten über Pässe der Bundesrepublik Deutschland nicht verfügungsberechtigt sind»[262].

En droit suisse, la notion de propriété ne figure ni dans la loi fédérale du 29 septembre 1952 sur l'acquisition et la perte de la nationalité (LN, RS 141.0), ni dans l'ordonnance du 17 juillet 1959 relative aux passeports (OP, RS 143.2). Cela ne doit cependant pas signifier que le titulaire du passeport suisse puisse en être privé par une autorité étrangère. En effet, sous l'angle du droit international coutumier, il est communément admis qu'un Etat n'est pas habilité à disposer du passeport d'un ressortissant étranger[263]. Du reste, ce point de vue est conforté par un avis de l'Office fédéral de la police qui précisait: «Nach Schweizerischem Recht gilt der Pass als res extra commercium, denn er ist als persönliches Dokument des Inhabers weder übertragbar, noch veräusserlich, noch pfändbar. Somit kann an einem Pass kein Privateigentum bestehen.»


[259]     Daniel C. Turack, The Passport in International Law, Lexington (Lexington Books) 1972, p. 226.
[260]     Friedrich Loehr, Passports, in: Encyclopedia of Public International Law, vol. VIII, Amsterdam 1985, p. 429.
[261]     La DDIP souligne.
[262]     Klaus M. Medert / Werner Süssmuth, Pass- und Personalausweisrecht, Kommentar, Cologne (Deutscher Gemeindeverlag) 1992, p. 3 et p. 121.
[263]     Ce point de vue est également exprimé dans Medert/Süssmuth, op. cit. , vol. 2: Passrecht, p. 121, point 16: «Im übrigen folgt daraus nach allgemein anerkannten völkerrechtlichen Grundsätzen, dass andere Staaten über Pässe (anderer Staaten) nicht verfügungsberechtigt sind».



 

 

 

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